La Monarchie de Juillet (1830 - 1848)

Les Écoles virent leur existence menacée par l’avènement de la Monarchie de Juillet.
En effet, le député Louis Arago attaqua ces établissements à la Chambre :    « Les élèves sont insuffisants, incapables, forcés d’abandonner la carrière industrielle pour solliciter des places de concierges, de douaniers, de garçons de bureau ».

La proposition de suppression des Écoles ne fut rejetée qu’à une courte majorité.

En 1831, les Écoles furent rattachées au Ministère du Commerce et des Travaux publics.

Le 23 septembre 1832, l’ordonnance de Thiers, un des plus grands défenseurs des Écoles d’Arts et Métiers, réforma les deux établissements existants : la durée des études passa de quatre à trois ans, chaque promotion devant compter alors cent élèves. Le régime des Écoles d’Arts et Métiers devint purement civil. De plus, Thiers nomma deux directeurs compétents pour Angers et Châlons : respectivement Charles Dauban et Jean Antoine Vincent. Les programmes furent renforcés et mieux adaptés à l’industrie naissante. Les études techniques étaient alors concentrées sur quatre ateliers : construction de machines, dessin de machines, travail du métal et fonderie. D’une manière générale, l’objectif des Écoles était alors de former des « ouvriers et des contremaîtres qui seraient promus dans des fonctions de chef d’atelier ou de production ». En 1833, les élèves gradés furent rétablis ainsi qu’un classement par ordre de mérite.

Le niveau des écoles s’améliora donc durant les années 1830, grâce notamment à un meilleur recrutement. Si bien qu’en 1839, le Conseil Général du Nord vota une résolution demandant la création à Lille d’une troisième École d’Arts et Métiers. D’autres villes firent la même demande : Angoulême, Bordeaux, Marseille, Montauban, Nîmes et Toulouse.

Suite au développement des chemins de fer, des bateaux à vapeur, de la construction d’ouvrages d’art, et des activités portuaires, le Ministère du Commerce demanda en 1838 l’avis aux élus du sud quant à l’installation d’une École d’Arts et Métiers dans leur région. Une intense compétition s’installa alors entre Nîmes, Marseille, Aix et Toulouse. Cette dernière remportait le maximum des suffrages en raison de sa localisation à mi-chemin entre les deux mers. Seulement, la ville n’avait pas de bâtiment libre facilement transformable et à peu de frais. Nîmes fut écartée en raison de sa faible industrialisation et la modeste subvention offerte par la ville. Restaient alors en compétition Marseille et Aix, cette dernière ayant l’avantage d’avoir un bâtiment libre : un monastère transformé en collège sous la Restauration.   

C’est en 1843 que la Chambre vota la création d’une troisième École d’Arts et Métiers à Aix. Ainsi, Elle produirait le personnel nécessaire aux industries métallurgiques et mécaniques du sud, au P.L.M., à la marine marchande et à la marine nationale (dans les années 1860, plus de la moitié des officiers mécaniciens de la marine étaient issus des Écoles d’Arts et Métiers).

En 1839, une deuxième tentative d’association d’anciens élèves échoua. En 1846, une troisième demande fut faite : le 17 janvier 1847 eut lieu l’Assemblée Générale Constitutive de la Société des Anciens Élèves des Arts et Métiers. Le 4 juillet 1847, un grand banquet inaugura l’association qui avait dès lors pour but de favoriser le contact entre les Gadzarts et de leur venir en aide en cas de besoin.

jeudi 17 août 2017
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